Quelque part entre douleur et douceur

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Quelque part entre douleur et douceur

Message par Vanoute le Lun 8 Aoû - 17:14

Il avait vraiment eu une transition énorme au cours des dernières semaines dans la demeure. Une transition bien nette. Il avait eu un soir, un souper qui avait changer la relation entre Alan et Raphaëlle ainsi que l’ambiance générale. C’était plus léger, plus doux. C’était peut-être le printemps et la chaleur estivale qui approchait qui avaient poussé ses deux êtres à franchir cette barrière. C’était plus complexe que cela, ils n’étaient pas des colocataires à proprement parlé, Alan était son kidnappeur et elle sa prisonnière. Pourtant, la jeune femme n’avait pas l’impression que c’était toutes les relations semblables qui ressemblaient à la leur. C’était une pensée étrange, même dérangeante… c’était censé être une relation négative et pourtant plus les jours avançaient et plus elle n’en ressentait que du positif.

Du positif? Dieu que ce n’était pas sain…mais elle avait passé l’étape de se troubler de cela. Non, il fallait qu’elle profite de ses changements et c’est ce qu’elle fit. Elle s’était rapprocher non seulement d’Alan, mais aussi de son loup. Le loup était une créature particulièrement intelligente, qu’elle voyait souvent, voir toujours à sa chambre et après leur deuxième rencontre dont il était parti assez précipité- mais parfois les animaux peuvent être imprévisible, si elle avait été surprise sur le coup, elle n’en avait que conclu qu’il avait soudainement mieux à faire, qui sait- elle l’avait souvent revu, lisant parfois à voix haute pour lui et elle-même. L’animal était devenu un ami silencieux, un confident attentif à des petites pensées, des petites choses qu’elle sentait le besoin de dire par moment, mais qui se disait mal au maître des lieux.

En parlant du maître des lieux… il était devenu aussi…enfin, elle se l’était avouée bien étrangement, mais il ressemblait maintenant beaucoup plus à un ami qu’à un ‘’méchant’’. Il était bon avec elle considérant la situation, même plus bon que des gens qui devraient l’être dans sa vie d’avant. Raphaelle avait vraiment eu un moment où elle avait réalisé que cette nouvelle réalité était le commencement d’une nouvelle vie et que tout ce qui datait d’avant son enlèvement n’était qu’une autre vie qui avait terminé. Elle était la même personne, elle n’oubliait pas tout, mais peu importe ce qui se passerait dans le futur, sa vie ne sera plus jamais la même. D’ailleurs si elle avait gardé un moment l’espoir qu’on vienne à sa recherche, elle n’y pensait plus. Elle ne devait pas être assez importante, pas assez valable pour qu’on se donne la peine de la chercher. Et de l’autre côté, son hôte se montrait beaucoup plus d’agréable compagnie que des gens qu’elle avait autrefois appeler des amis. Étrange? Oui, elle le savait que trop bien, mais maintenant étrange était synonyme de normal dans cette nouvelle vie.

Elle avait eu la permission d’aller dans les jardins et tous les jours ou la température le permettait, elle sortait avec des livres. Elle s’assoyait à l’ombre sous un arbre, près des massifs de fleurs ou encore dans les coins isolés et tellement enchanteur du jardin. Elle affectionnait particulièrement le coin avec les nombreux coussins et elle s’était sûrement endormie une fois ou deux dans le hamac. Non, cet endroit était délectable. Elle ne se sentait plus seule, elle voyait si souvent Alan aller dans ses plantes, s’occuper de ses arbres et arbustes et si souvent elle s’était perdu dans la façon dont il touchait ses plantes, qu’il les soignait, les entretenait.

Cet homme la troublait. Beaucoup. Il avait une façon d’agir qui l’hypnotisait complètement, comme ses perles si particulières. Ses trois dernières semaines avaient été peuplés Evènements tout aussi troublant et même si elle ne se l’avouait qu’à moitié, vivifiants. Souvent elle repensait à ses moments, comment il avait souri durant leur danse, comment il était venu à son secours quand une abeille l’avait piquée, comme il l’avait invité à la valse et qu’il l’avait rassuré sur sa propre incapacité à danser…Il la chamboulait. Et quand elle repensait à lui, elle repensait à comment elle s’était sentie elle. Comment son corps s’était embrasé quand elle l’avait perçu travailler durant une journée particulièrement chaude et qu’il s’était retrouvé sans chemise. Comment elle n’avait pas pu retenir ses yeux de parcourir son torse et ses bras…Comment son cœur avait manqué des bonds durant la danse et comment il s’était figé à son sourire. Tout ça était nouveau pour elle. Nouveau dans cette intensité et aussi dans ce qu’elle percevait comme de la sincérité parfaite. Peut-être qu’elle était sous l’emprise d’un besoin puissant d’avoir une personne à qui parler ou d’avoir un ami, mais c’était comment elle se sentait.

L’idée du danger était partie depuis longtemps et comme une fois elle l’avait avoué à son ami canin, elle oubliait parfois qu’elle était une prisonnière et aussi souvent qu’Alan était l’homme qui l’avait kidnappé. Elle ne pensait plus au danger, elle se plaisait dans ses lectures et dans sa contemplation du jardin. La jeune femme dormait mieux, semblait de meilleure forme. Elle prenait le temps aussi de se préparer pour chacun des soupers. Parce qu’elle avait le temps et…parce qu’elle voulait bien paraître. Elle avait l’impression que lui aussi faisait un effort et elle ne manqua pas de lui dire une soir ou elle le trouva particulièrement charmant. Elle ne savait pas d’où ça lui avait pris de lui dire si ouvertement. Peut-être un soir ou elle avait pris une coupe de vin de plus… ou c’était simplement ses yeux hypnotisants.

Bref, ce soir-là c’était passé comme les autres soirs depuis cette transition agréable. Un bon souper, plus de mots échangés que durant les premières semaines, des regards plus appuyés. Il lui avait choisi une robe magnifiquement simple ce soir. Le bleu clair rehaussait l’éclat de feu de ses cheveux et faisait chatoyer magnifiquement ses iris de glace. Elle ne se maquillait jamais énormément, elle aimait définir ses lèvres et la forme de ses yeux, c’était toujours léger et élégant. Ce soir, elle avait laissé ses cheveux vaguer contre elle. Le col montant donnait tout le style à la robe ainsi que le ruban qui cintrait sa taille. Lorsque le temps fut de quitter la table, il proposa d’aller passer un moment à la bibliothèque ce qui sembla enchanter la jeune femme. Elle sourit faiblement en acceptant l’offre, se levant pour aller à sa hauteur, question de le laisser guider le chemin. Une fois sur place, elle ne fit qu’humer l’air un petit instant sentant l’odeur des pages et des reliures de tous les âges. Cet endroit était vraiment agréable et elle aimait y être.

Une fois entrée dans la pièce, elle lança un bref regard à Alan avant de se diriger vers une étagère. Elle savait ce qu’elle allait lire, elle connaissait maintenant cet endroit comme sa poche et elle savait très bien ou était le livre qu’elle voulait lire ce soir.

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Re: Quelque part entre douleur et douceur

Message par Marie_Eve_1989 le Lun 8 Aoû - 19:53

Oui, quelque chose c'était brisé lors de cette soirée. De la gêne, de la peur, de la joie, de l'appréhension. Quelque chose qui s'était échappé, envolé. Leur relation n'était plus la même. Une sorte d'amitié ou bien d'ambiance s'était formé au sein du duo. Une transition bien clair s'était passée. Oui. Une cassure, entre le avant et le après d'un soir. Ils étaient plus familiers, moins froid, moins distant. Certes, il était toujours le Maître de ses lieux. Certes, elle était toujours son otage, mais la relation qui unissait les deux protagoniste tait moins sinistre, plus tendre, moins dure, plus simple. On dit que le printemps est la saison des amours. Peut-être est-ce cette légèreté dans l'air qui a poussé les deux humains à se parler plis, à vivre plus en communion l'un avec l'autre. Peut-être était-ce la solitude qui habitait les deux êtres qui les ont poussé à cohabiter de façon presque harmonieuse ensemble. Cela pouvait être bien des choses. Ils habitaient en colocation spéciale. Un dominait l'autre, mais cette posture s'amincissait plus les jours avançait. 

Ce n'était pas sain comme situation. Peut-être que c'est pour cette raison qu'il était parti aussi rapidement, lors d eta deuxième rencontre sous sa forme de loup, car il trouvait cette situation trop malsaine. Tous les deux le savaient, mais il avait quelque chose chez Alan qui le poussait à continuer, à ne pas se soucier des convenances. Cela lui passait six pieds par-dessus la tête. C'est que quelque chose voulait savoir, voulait voir plus de la Rouquine et il laissait couler les évènements. Comme lorsqu'il allait la voir sous sa forme animale. Il l'écoutait. C'était sa façon de s'approcher d'elle, d'être masqué sans masque. D'apprendre à la connaître. Dieu sait que la Créature l'écoutait attentivement. Prenait en note tout de qu'elle lui rapportait, ce qu'elle lui comptait. Mon dieu qu'il l'avait trouvé adorable lorsqu'elle lui avait fait la lecture. son coeur avait papillonné devant cette vue. Devant cette image d'elle lui racontant une histoire. Il savait qu'il n'avait pas d'affaire à faire cela. Que Raphaëlle ne se doutait pas que c'était en fait Alan sous forme de Bête. Que c'était pour cette raison qu'elle devait se confier si facilement au loup. Mais c'était plus fort que lui, trois à quatre fois semaine, il devait venir la voir sous cet angle, pour apprécier d'avantage la jeune femme qu'elle était. 

Avec ces découvertes, cet apprentissage d'elle, Alan, sous sa forme humaine, devenait de plus en plus sympathique. De plus en plus humain. Lorsqu'il s'était proposé pour la maintenir en otage chez lui, jamais il n'avait pensé qu'un si petit bout de femme aurait pu le changer ainsi. Certes, il ne parlait pas beaucoup, il n'échangeait pas beaucoup, mais il était un minimum aimable. Du moins, avec elle. Suite à sa deuxième rencontre avec le loup, il lui permit d'aller dans les jardins, durant le jour. Il avait tellement aimé la voir dans son espace vert, elle avait tellement l'air d'avoir aimé cette promenade, qu'il lui donna l'autorisation d'y aller, ouvrant ainsi ses permissions de sortie. Maintenant, elle avait le droit de se rendre dans sa chambre, la bibliothèque et le jardin. Outre les soupers, bien sûr. De plus, lorsqu'il était présent au manoir, Alan avait un malin plaisir à travailler les plantes proches d'elle. Peut-être aimait-il avoir qu'il avait quelqu'un avec lui. Peut-être aimait-il le fait qu'il puisse lui voler, à la dérobée, quelques regards en biais. Ainsi, la Bête pouvait la regarder quand bon lui semble. En train de lire, de se reposer, de dormir. Par une belle journée, la chaleur était si insupportable qu'il avait même osé retirer sa chemise, dévoilant ainsi son ventre travaillé, ses bras forgés, son torse découpé. Une petite pulsion assouvie, une envie hérisitible qu'elle puise le voir ainsi, qu'elle regarde sa chair. Certes, il continuera son travail un moment, avant de se rendre compte que la Belle l'avait vu. Pourquoi? Car elle lit étrangement son livre à l'envers. Ce qu'il lui rapporta, avec un amusement certain dans le fond du regard. 

Ce petit bout de femme avait quelque chose en elle qui le calmait, qui l'exaltait, d'une certaine façon. Son côté animal ressortait beaucoup en sa présence. Il agissait plus qu'il ne pensait. Cela avait pour effet de le troubler ensuite, mais seulement après que l'action soit passée et terminée. Comme lorsqu'il l'invita à venir danser, un soir. Il l'avait trouvé si belle au bout de la table, en train de boire une gorgée de sa coupe. Sa bouche avait été si délicate contre le rebord du verre. Ses lèvres s'étaient plissées doucement sur l'argenterie. Sa gorge s'était contractée en avalant le liquide rougeâtre. Ses perles constellées avaient eu la chance d'analyser ce geste. Et par la suite, il lui fit sa demande. Une danse. Une valse. Elle lui fit part qu'elle n'était pas une si bonne danseuse. Il se leva déjà, lui disant qu'il lui montrerait. Et c'est ce qu'il fit. Une main dans la sienne, l'autre au creux de sa taille et ils se mirent à danser. Et c'est là, qu'à la commissure de ses lèvres, un premier sourire apparut. Un réel sourire, vrai, charmant, vivant. Il ne riait pas d'elle, de ses pas désordonnés, non, il souriait à cette vue, à cette proximité nouvelle. Ses perles cendrées étaient encore plus magnifiques vue de si proche. Il repensa à la fois où Alan l'aida avec une piqure d'abeille et à ce moment, son sourire s'intensifia, ainsi que son regard et ses entrailles et il pressa sa paume à sa taille. C'était ce genre de moment qui lui procurait des sensations nouvelles, déroutantes, mais enivrantes. Ce genre de moment qui s'invitait dans ses pensées pendant un nombre incalculable de temps... 

C'était sans doute plus facile à gérer comme situation du côté du Ténébreux que de la Rouquine. elle, elle devait vivre avec le fait qu'il était son bourreaux, alors que lui, il vivait bien avec le fait de désirer son otage. C'était plutôt les sensations nouvelles qu'il ressentaient qui le dérangeait un peu. Son instinct qui prenait le dessus. Comme la fois, en loup, qu'il lui lécha la bout des doigts. Comme la fois qu'il figea lorsqu'elle lui dit qu'elle le trouvait particulièrement élégant, comme la fois où il se sentit si vivant lorsque Raphaëlle dit à Xan qu'elle ne se sentait plus prisonnière de son Maître. Alan ne savait clairement pas gérer tout cela, mais son corps agissait avant se pensées et c'était tant mieux. 

Bref, tout ça pour mener à ce soir. Un soir comme les autres. Où ils avait souper à la salle à manger. Comme à son habitude, il l'attendait, il notait sa rabot choisie, il la dégustait du regard jusqu'au moment où elle s'assoit. Le fait qu'elle portait ses robes le charmait, l'excitait un brin Ils avaient échangé un peu. Dans le clame et la plénitude. Il avait bien mangé. Il avait bien bu. La pluie commença à tomber au milieu du repas et peut-être le vin ou son état de bien-être, mais il lui proposa de terminer la soirée à la bibliothèque, pour lire un peu avant la nuit. Elle accepta. La Bête était habillée de façon bien élégante, encore une fois. Un veston bourgogne et un pantalon cintré de la même couleur composait son habit. Un chandail noir, style chemise, boutonnée, col en "v", était sous le veston, bien visible. Pas de cravate, pas de noeud papillon, ce soir, non. Simple, mais charmant. Avant de quitter la salle à manger, il retira sa veste, ne gardant que le t-shirt. 

Il se rendit au lieu. En silence, à ses côtés. Non, il ne menait plus les déplacements comme au début. Il l'attendait, il profitait de cette proximité. Son regard de mer croisa le sien, avant qu'elle se dirige vers son côté, se choisissent un livre. Il entra dans la bibliothèque, se dirigeant vers une étagère également. Pendant un moment, il chercha ce qu'il voudrait lire. Un livre de botanique? Un roman, un essai! Il ne savait pas. De temps à autre, il lança quelques regards furtifs à Raphaëlle, puis il revenait à la reliure des bouquins. Puis, sans qu'il ne sache pourquoi, tout en passant un index contre les manuels, il lui dit:...

"J'ai trouvé le lire que votre mère lisait..."

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Re: Quelque part entre douleur et douceur

Message par Vanoute le Lun 8 Aoû - 22:33

Une partie de son cerveau ne devait pas fonctionner correctement parce qu’elle se disait, quelque part au fond de cette jolie tête qu’elle n’avait sûrement jamais eu autant de beaux vêtements. Une chambre aussi magnifique avec une vue extraordinaire. Elle n’avait jamais vécu dans une maison aussi splendide (considérant que Poudlard abrite 500 âmes de plus minimum, c’est exclu). Oui, toutes ses pensées lui semblaient totalement absurdes, mais l’air de rien, ça se faufilait un peu en elle.

En plus, elle aimait un peu cette routine qui s’installait. Autant pour elle en soit, mais aussi entre eux. La routine, ça peut avoir un effet rassurant et sur Raphaelle, ça fonctionnait très bien. Mais il fallait dire que tout entrait ainsi dans son esprit parce qu’Alan était là. Oui, c’était malsain parce qu’il décidait de tout, mais il n’avait rien d’un terrible tyran qui lui faisait peur. Non, ce n’était pas l’effet qu’il lui faisait, il ne lui faisait pas peur et même quand elle était troublée, ce n’était pas en lien avec de la peur, c’était autre chose…peut-être même d’aussi fort.

Et rien ne semblait présager que cela changerait. Elle ne pensait pas beaucoup au futur, Raphaelle, même que ça, ça lui faisait plus peur. Le futur. Elle avait du mal autrefois, maintenant qu’elle était…restreinte? Qu’elle pouvait vraiment penser qu’à elle…elle comprenait le genre de personne qui l’entourait et de plus en plus qui elle était elle. Encore une fois, c’était étrange, troublant…mais elle était bien avec ça. Oui, tout se passait dans sa tête, c’était des montagnes russes de penser et plus le temps avançait plus les descentes étaient moins abruptes. Elle avait la possibilité de tellement réfléchir quand elle sentait le vent dans ses cheveux, que l’odeur des fleurs venaient l’entourer, l’envouter. Elle était bien avec elle-même, avec Alan et ses plantes.

La danse marqua aussi un autre changement en elle, une autre cassure qui s’était créer lors de leur première soirée ou ils avaient un peu plus échangés. Parce qu’à partir de cette danse…elle avait l’ombre de ses mains sur son corps qui revenaient parfois la visiter. Elle n’avait pas touché un autre être humain depuis très longtemps, elle n’avait pas été aussi près d’une personne comme ça depuis très longtemps et plus intense encore, une autre personne que Sebastian. Cependant, malgré les circonstances, elle se sentait presque mieux aux bras d’Alan. Il avait une douceur dans ses gestes, même dans sa façon de presser sa paume…oui, cette danse, elle y pensait très souvent.

Peut-être qu’elle pensa à tout cela durant ce souper, entre deux gorgées de vin. En se rendant à la bibliothèque. Naturellement, tous deux allèrent chercher un livre, comme leurs habitudes le dictaient. Raphaëlle avait trouvé son livre là ou elle pensait bien le trouver puis elle prit la direction vers son coin de lecture préféré. Du moins, celui qu’elle choisissait souvent!

Elle stoppa son mouvement pas trop loin d’Alan quand il mentionna qu’il avait trouvé le livre que sa mère lui lisait. Un sourire vint de suite sur ses lippes alors qu’elle fit quelques pas vers lui pour voir le dit livre. Elle était à deux pas de lui quand elle se figea d’un seul coup. Comme si elle venait d’être frappée par la foudre, que ses pieds venaient de se coller au sol. Ses iris se posèrent sur lui avec une étincelle de questionnement, d’incompréhension. Puis comme si elle ne pouvait pas que garder l’information dans sa tête, elle murmura un faible.

‘’Je ne vous ai jamais parlé de cela…’’

Elle le savait parfaitement non pas parce qu’elle ne lui parlerait pas de cela à lui, mais parce qu’elle l’avait dit à quelqu’un d’autre, à une autre espèce, qui ne savait pas parler évidemment…c’était à Xan, son loup qu’elle avait parlé. Qu’elle avait parlé de sa mère non-aimante, de ce qu’elle lui lisait quand elle était enfant. Sa gorge devint soudainement sèche, douloureusement serrée. Il pouvait voir dans ses yeux que des liens se faisaient, qu’elle réfléchissait. Pouvait-il lire dans l’esprit de l’animal? Avait-il la faculté de communiquer avec lui? Elle secoua un peu la tête, ses lèvres s’entrouvrant légèrement pour laisser passer un souffle court et sec, presque absent, le genre de souffle qui ne satisfait nullement les poumons.

Cet agissement hors du commun. Ce regard perçant, hypnotisant, cette attention…Elle leva une main tremblante contre sa propre mâchoire pour cacher cette bouche qui avait du mal à respirer. Elle secoua négativement la tête. Le choc était puissant et douloureux en elle. La Belle ne savait pas quoi dire, elle restait encore figée, elle revoyait des mots, des paroles qu’elle avait dite à l’animal qui étaient terriblement personnels… puis la colère vint prendre sa place. Elle était triste, vraiment très triste, son regard était humide, mais plus triste encore, elle était en colère.

‘’C’est…c’était vous…? Depuis tout ce temps?!’’

Elle s’emporta un peu, sa voix s’élevait déjà et elle recula d’un pas, pour se stabilisé, la main qui tenait son livre le lâcha au sol dans un geste sec. Son regard restait braqué maintenant sur lui. Ils avaient les mêmes yeux. Comment avait-elle fait pour ne pas le remarquer plus tôt?! La colère l’envahissait sournoisement et elle détestait cela, elle avait l’impression qu’elle perdrait le contrôle et cela commença avec ses paroles, elle enchaîna rapidement sans lui laisser la chance de répondre.

‘’Vous êtes un animagus, conclu-t-elle à haute voix, Vous m’avez menti! Sa voix s’éleva de nouveau, visiblement furieuse. Je…je me suis confiée à vous! Je…’’

Et elle se tut à ce moment en lui tournant dos, comme si elle ne voulait pas le regarder, comme si elle ne voulait pas qu’il voit sur elle tout l’étendu des aveux qu’elle lui avait fait en croyant que cela ne serait libérateur que pour elle. Il avait abusé de sa confiance, c’était comme ça qu’elle se sentait. Trahie. Trahie parce qu’elle avait vraiment cru qu’il était un ami maintenant et que le loup l’était en quelque sorte. Le fait qu’il soit la même personne ne la dérange pas, ne la choqua pas. Si elle l’avait su dès le départ en tout cas. Elle se sentait dégoutée, triste, furieuse et partiellement détruite par la nouvelle. Et le pire c’était parce que la Belle l’appréciait qu’elle était furieuse, il lui avait joué dans le dos et ça, ça faisait mal. Elle se sentait bouillir intérieurement, elle rajouta, pivota un peu la tête vers lui.

‘’C’est ça, n’est-ce pas? Vous êtes Xan.’’

Elle attendait des mots, une réponse, elle voulait l’entendre là-dessus, juste confirmer cette théorie. Il pourrait l’infirmer que ça serait mieux, mais plus elle y pensait et plus elle croyait que cela était improbable. Cette colère qui était en elle ne lui ressemblait pas, mais c’était soudain, c’était le choc. C’était cette trahison. Même encore là, elle ne pensa pas au fait qu’il était son kidnappeur, c’était stupide de dire que c’était une raison en soi. Non, Alan valait mieux qu’une simple excuse de ‘’c’est le méchant de l’histoire voilà tout.’’ Il n’était pas méchant, mais ça, ça faisait mal.

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Re: Quelque part entre douleur et douceur

Message par Marie_Eve_1989 le Mar 9 Aoû - 17:10

Oui, la routine avait quelque chose de rassurant, surtout dans leur relation. Cela faisait 17 ans qu'il n'avait pas cohabité avec un autre être humain. Cela prenait une routine, pour trouver son équilibre, pour garder son espace, sa liberté. Bon, c'est sur qu'Alan était son kidnappeur, son ravisseur et elle son otage. Installer une routine aurait été bien secondaire dans ce genre de situation, mais quelque chose s'était passé entre les deux personnes et Alan voulait avoir ce genre de routine entre eux. Comme pour lui faire savoir que c'était encore lui le Maître de lieux, mais de façon si gentille. Il choisissait bien ses choix. Le souper, les lieux qu'elle avait le droit d'aller, le choix de ses habits aux repas. Il aimait cela, c'est comme s'il pouvait contrôler un temps soit peu la situation, car lorsqu'il était en sa présence, il avait de la difficulté à se contenir. Son instinct prenait le dessus, ses envies également. Ses pensées étaient très souvent centrées sur la Belle. Il avait de la misère à concevoir qu'elle était là pour se faire mutiler et questionner. Non, la routine était là pour masquer le fait qu'il avait de résistance face à son côté contrôlant. Jamais cela ne s'était passé durant sa courte vie. C'était la première fois qu'il était confronter à ce genre de situation. Avec une femme. Ses attachements étaient minimalistes, simples, presque trop évidentes, là avec leur accoutumance, c'était presqu'une véritable relation qu'ils créaient. Du moins, pour lui. 

Bon! Ce soir, il détourna quelque peu de sa routine. Il l'invita à le suivre à la bibliothèque pour faire un peu de lecture avant de se dire bonne nuit. Le chemin se fit silencieusement. L'arrivée aussi. Elle alla choisir son livre, appuyé de quelques regards du Loup. Lui, la secondant, se dirigeant vers une étagère, essayant de faire un choix. En regardant la reliure de certains bouquins, il prononça une phrase. Une phrase lancée ainsi, sans méchanceté, qui se voulait des plus vulnérables. Même qu'à la base, c'était un cadeau cette phrase. Elle n'était pas là pour blesser.  Du moins, c'était les intentions d'Alan. La preuve, il ne regarda même pas la Rouquine s'avancer vers lui et se figer sur place. Il n'en eu même pas conscience. Non, ses perles bleutées étaient occupées à choisir sa lecture. Pour lui, ce qu'il venait de dire était le plus naturel du monde. Il n'avait pas à en faire tout un plat. C'est que voyez-vous, il n'avait pas vu encore sa bêtise. C'est les paroles de Raphaëlle qui lui firent comprendre sa bévue. 

Son minois se leva soudainement, comme si les mots de la Belle venaient de le frapper à la nuque. Il resta dos à elle, face aux bouquins. Le dos droit, les bras crispés, les poings fermés. Il déglutit, en silence, difficilement, sa salive. C'était comme du feu qui se répandait à l'intérieur de son oesophage et de ses tripes. Son ventre se contractait sous sa faible respiration. Quel idiot avait-il fait. Cette confidence, elle l'avait fait à la créature, pas à l'homme. Il venait de s'en rappeler. Alan venait de lui offrir sur un plateau d'argent son masque, sa comédie, son théâtre. Il venait de lui révéler son mensonge qui se prolongeait depuis quelques semaines déjà. Quand elle lui avait demandé le nom de son loup, il n'avait pas hésité une seconde à lui dire un prénom quelconque. Sans doute une peluche qu'il avait nommé ainsi lors de son enfance. Il n'en parla pas plus, il ne fit pas de grandes questions sur cette bête, mais il lui dit un nom. Oui, il avait travaillé ce mensonge. Il avait sculpté cette mascarade. Et là, le son de sa voix venait de lui faire regretter tout ça. 

L'Homme osa lui lancer un regard, en biais. Pour voir l'étendue de son ânerie. Et c'est là, qu'il vit au fond de ses perles cendrées toutes les questions que la Belle se posaient. C'est comme s'il pouvait voir l'interrogation au fond de son regard. Il finit pas se tourner complètement face à elle. Toujours aussi droit, toujours aussi stoïque du visage, les mains toujours aussi fermées. Il avait simplement que ses iris constellées qui s'agitèrent. Qui scintillèrent. De désolation, d'excuses, mais aussi d'incompréhension. Il ne savait pas comment agir, quoi dire. Était-ce si grave qu'il soit en réalité le loup. Peut-être qu'allant ne comprenait pas parfaitement cette réaction aussi intense de sa part. Certes, elle lui avait révélé des choses lorsqu'il était sous cette forme, mais aucun secret d'état était en jeu. Oui, du certaine façon, il l'avait trahi par son silence. Avait-il souhaité qu'elle comprenne qu'en réalité ce n'était que lui. Les yeux, sa façon de comprendre ce qu'elle lui disait, sa façon d'agir avec elle lorsqu'il était en bête. Oui, peut-être que le Ténébreux s'attendait à cela. 

Lorsqu'elle leva sa mimine vers sa propre bouche, quelque chose se cassa chez Alan. Il aurait envie de venir de la prendre dans ses bras, de s'excuser par des gestes de ce qu'il lui avait caché depuis tout ce temps. De caresser ses joues de ses pouces, d'embrasser son front pour calmer la colère et la tristesse qu'il lisait dans le fond de ses yeux. Mais il ne fera rien de cela, non. Son regard ne fera que fixer l'être qu'elle était. Sans un mot. Attendant de voir ce qu'elle allait rajouter. Ce qu'elle allait faire. Puis, Raphaëlle parla à nouveau. Enfin, elle posa des questions. À savoir si c'était lui, le loup. Il ne fit rien. Ses jambes, son coeur, sa tête étaient paralysés. Lorsqu'elle échappa le livre, son bras se leva, sans commandement, comme pour le rattraper, comme pour la retenir près de lui. Il resta ainsi, suspens dans les airs, un moment. Puis, reviendra à sa place, le long de son corps. Et la Rouquine continua. Mais ce n'était plus une interrogation, c'était une affirmation. Oui, c'était un Animagus. Et ce qui suivi lui brisa le coeur. Totalement. Elle lui dit que Alan lui avait menti. C'était vrai, peut-être qu'avait-il jamais vu cela sous cet angle. Sa voix plus forte, lui fit fermer les yeux. Il se contenait un brin. Non, il n'aimait pas se faire crier après. Cela l'attaquait personnellement et lui titillait le fond de ses pensées. Il prit une bonne inspiration. Si cela avait été quelqu'un d'autre, il aurait répondu, il aurait réagi, mais là, il se contrôla. Car la colère de la Rouquine était trop forte pour qu'il agisse, cela lui faisait trop du mal de la voir ainsi pour qu'il se fâche à son tour. Après tout, il comprenait cela. Lorsqu'elle lui avait fait part qu'elle avait un copain, sous sa forme de loup, en revenant à ses appartement, étrangement et soudainement la haine avait été si puissante à l'intérieur de lui qu'il fallut l'évacuer. Et ses par les poings qu'il réussit à retirer l'excès de ressentiment. En frappant le mur de sa douche si fort que ses jointures s'ouvrirent. Oui. Il pouvait comprendre son désarroi. 

Alan ouvrit les yeux au moment où elle lui tourna le dos. Il en profita pour faire un pas. Rien qu'un seul. De toute façon, il ne savait pas quoi faire d plus que d'avancer de ce minime pas. Il prit à nouveau une bonne inspiration. Pour essayer de reprendre un souffle normal. Essayer de trouver quelque chose à dire. Qu'avait-il à dire après tout, elle avait raison. Il l'avait trahi. Il avait menti. C'était l'animal, l'ami depuis le début, sous une autre forme. Et elle revint avec une nouvelle question. Oui, Raphaëlle voulait avoir le coeur net. Elle voulait qu'il lui réponde. Cela aurait été facile de dire qu'il était son ravisseur, qu'il avait tous les droits de faire cela. Elle était chez lui, dans l'une des chambres de son manoir. Mais bon, il ne voulait pas lui mentir. Il ne voulait plus lui mentir. Il se racla la gorge, comme si sa voix avait besoin d'être réanimée à la suite de son long silence, puis il murmura... 

"Oui... C'est bien moi... Je..."

Et il se tut, car il n'avait rien à dire de plus. Il maudissait son dos, la vue qu'elle lui offrait. Dieu sait qu'il aurait aimé qu'elle soit face à lui. Qu'il puisse voir son regard, son visage, son petit corps. Pourquoi se sentait-il si mal? Il avait fait bien pire à bien des personnes. Jamais il n'avait ressenti autant de remord qu'en cette soirée, qu'à la vie de son petit dos...

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Re: Quelque part entre douleur et douceur

Message par Vanoute le Mer 10 Aoû - 13:18

Une partie d’elle voulut prendre l’option facile. De laisser tomber la situation, d’être vexée intérieurement et de continuer la vie comme elle l’était depuis quelques jours. Elle avait l’habitude de ce genre d’agir de cette façon, c’était tellement plus facile…mais là, elle ne voulait rien savoir de cette option, cette partie qui voulait cela avait peur de perdre ce qui avait été gagné jusqu’à maintenant. Sauf qu’elle ne voulait pas courber l’échine et accepter…parce qu’Alan ne la faisait pas sentir comme l’être faible qu’elle avait été autrefois. C’était aussi parce qu’elle appréciait l’homme qu’elle se sentait aussi mal. C’était compliqué à expliquer. On s’attend à des comportements des gens et peut-être avait-elle mis beaucoup de confiance en Alan et qu’elle sentait que c’était une attaque à cette dite confiance.

L’ascension de la colère en elle fut douloureuse, comme un venin qui va contre le courant du sang qui circule dans son corps qui vient altérer les battements de son cœur. Son regard restait sur lui quand il se tourna. Il a dû la prendre pour une idiote de se confier ainsi à un animal, de s’ouvrir aussi facilement. Elle avait cette impression aussi que maintenant, elle n’était qu’une petite femme stupide maintenant qu’il savait qu’elle se confiait. Ça faisait mal ça aussi, quelle était l’impression qu’il gardait de ses souvenirs sous sa forme de loup? C’est tous ses éléments qui firent qu’elle s’emporta, que sa voix se modifia par la colère. Elle n’avait pas l’air menaçante avec ce petit corps frêle ses petits poings serrées, ce minois d’ange visité par une colère qui se percevait dans ses yeux. Ses yeux qui brillaient, qui étaient humides. Des larmes se créaient sournoisement, sans couler, juste faire miroiter plus ses yeux.

Elle ne vit pas le mouvement mécanique du Loup pour venir tenter de rattraper son livre, il ne bougeait à peine, elle, elle sondait son regard, regard qui se cacha quand il ferma les yeux. Envahie par une honte qu’elle ne comprenait pas, elle se détourna. Elle se sentait mal, près des nausées. Raphaëlle décida ensuite d’arrêter de tourner autour du pot, de seulement laisser évacuer des mots, des paroles…elle posa la question. Son cœur battait à tout rompre, de façon douloureuse et inconfortable. Sa voix s’éleva soudainement. Avec la réponse. Il n’aurait pas pu terminer sa phrase. Elle l’aurait coupé. Couper de façon brutale parce que la claque partie sans qu’elle ne puisse rien contrôler. Des gens lui avaient fait du mal par le passé, mais venant de lui, elle avait l’impression que c’était trop, c’était trop douloureux. Cette révélation seule fut troublante pour elle. Elle le frappa parce qu’elle était fâchée, parce qu’il avait fissurer quelque chose qu’elle pensa précieux entre eux. C’était intense de penser comme ça de sa part, mais c’était comme ça qu’elle se sentait. La trahison, c’est perçant comme douleur.

Si tôt qu’elle l’eut frappé, si tôt qu’elle le regretta. Ce n’était pas une claque à briser une mâchoire, elle eut sans doute peut-être aussi mal que lui parce que son mouvement était maladroit. Sa gorge se serra douloureusement, ses yeux laissèrent tomber une seule larme. Son visage ne montrait pas seulement la colère maintenant, beaucoup plus de tristesse même.

‘’Je vous faisais confiance.’’

Et c’est sur ces dernières paroles qu’elle pivota et s’éloigna rapidement. Elle ne lança pas un regard en arrière, elle ne se le permit pas. Raphaëlle se sentait honteuse. Une fois hors des murs de la bibliothèque, elle se mit à courir pour gagner sa chambre, une course dangereuse par les chaussures qu’elle portait et par l’eau qui embuait ses yeux. Avait-elle trop réagi fortement ? Trop intensément ? Elle ne savait pas quoi penser et une fois dans ses appartements, elle se défit de ses chaussures en les envoyant aux coins de sa chambre, claquant la porte derrière elle et elle laissa échapper un premier sanglot qu’elle vint contenir en posant une main contre ses lèvres. Wow…elle avait perdu la tête. La tristesse vint camoufler la colère et elle se laissa tomber contre la porte en ramenant ses jambes contre elle en cachant son visage contre ses cuisses. Elle aurait pu s’attendre qu’il revienne la voir à la charge, elle l’avait frappée après tout…

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Re: Quelque part entre douleur et douceur

Message par Marie_Eve_1989 le Mer 10 Aoû - 15:17

L'ambiance de la soirée avait un brin changé depuis quelques minutes. Sans doute à cause de l'énorme maladresse qu'il venait de faire. En fait, la maladresse durait maintenant depuis bien des semaines, réellement. Il aurait dû lui dire, lorsqu'elle lui a demandé le nom de la bête, que c'était lui. Cela aurait été plus simple, cela aurait été moins stupide de sa part. Non, Alan ne l'avait pas fait, car il ne savait pas gérer tout cela. Il avait peur qu'en lui révélant son identité, qu'elle arrête de se confier à lui. C'était sa façon se se rapprocher d'elle. De voir comment elle était quand elle n'était pas avec l'Homme. Avec le Loup, Raphaëlle s'épanouissait tellement plus facilement. Elle s'ouvrait à la Créature comme elle ne s'ouvrait pas avec l'Humain. Alan ne voulait pas perdre cela. Non, il ne la trouvait pas stupide de parler ainsi à l'animal, il ne trouvait pas cela stupide les confidences qu'elle lui faisait. Au contraire. Il la trouvait d'avantage encore plus belle. Encore plus pure! Il faisait souvent la comparaison entre la Rouquine et les fleurs de son jardin. Si fragile, si douce, si belle. Il fallait les travailler ses fleurs, pour qu'elle osent enfin montrer leurs pétales. Et une fois qu'elles les montraient, il fallait leur faire attention. C'était un peu cela la relation qu'elle avait avec la Bête. Elle n'osait pas s'ouvrir autant avec Alan. Malheureusement, lui qui ne voulait pas perdre cette relation qui les unissait, venait d'un, oui, l'échapper, mais de deux, briser ce qu'ils avaient construit en si peu de temps... 

Mon dieu qu'il avait de la difficulté à la voir ainsi. À regarder ses perles cendrées se remplir de larmes. Larmes qui restèrent en suspens, mais tout de même présentes. Ses mains tremblaient, se retenaient de venir prendre ses bras, la presser contre son torse. Ses lèvres retenaient les mots qu'il avait pris au creux de sa gorge. Des excuses. Il n'en était incapable. Après tout, ce n'était pas dans son habitude d'être désolé pour quoi ce soit. Là, certes, il l'était, mais il était incapable de l'exprimer. Il aurait peur d'avoir l'air trop faible. Trop touché par le petit paquet de vie qu'elle était. C'était en partie l'orgueil qui le retenait, mais aussi une douce colère contre lui-même. Il se disait qu'il méritait qu'elle soit fâché contre lui. Après tout, Alan lui avait menti, elle qui lui faisait confiance. Certes, il ne comprenait pas encore tout ça. Pourquoi faisait-elle confiance à son kidnappeur. Pourquoi était-elle si triste, si en colère de cette situation! Peut-être que dans sa petite tête de solitaire, elle ne pouvait pas apprécier sa présence. Qu'il allait la voir en loup, en se disant, que c'était la seule et unique façon qu'elle l'aime un tant soit peu. Oui, cela devait être ça. Le loup, elle l'appréciait, il le savait. C'était sa façon de se faire parler, de se faire toucher, sans qu'il soit en Homme. Sans qu'elle ne le regarde comme étant son ravisseur, comme étant quelqu'un d'autre que Xan... 

Et à la suite de ses mots, à la suite de sa réponse, elle échangea avec lui, mais de façon physique. Une claque maladroite vint fouetter sa joue. Elle fut quand même trop rapide pour qu'il puisse l'arrêter en retenant son poignet de sa main. Non. Il sentit le rouge lui monter aux pommettes. Ses perles pétillantes vinrent se poser sur elle. La fixer. La pénétrer du regard. Son minois se referma aussitôt. Encore plus qu'à l'habitude. Non, il ne voulait pas laisser couler aucune émotion de son être. Simplement ses yeux qui parlaient. Était-il fâché? Haineux, triste, en colère, déçu de cette claque? Il ne savait pas comment réagir. Si cela avait été n'importe qui d'autre, homme ou femme. Il lui aurait retourné la claque et ce, de façon encore plus brutale sans doute. Si on le touchait, il avait la permission de retourner le geste, non ? Mais là, même si le bout de ses doigts  le démangeait, même si son bras avait envie de fendre l'air, il se retint, la regardant. L'observant silencieusement. Non, il se l'était promis, il s'en sentait incapable, jamais il ne pourrait la toucher, de quelconques façons brutales qui soit. Et elle ponctua cette claque avec des mots. Des mots qui firent sans doute encore plus mal que l'empreinte de sa main sur sa joue. Il eut un soupire, puis elle s'en alla. Il tenta, comme avec le bouquin, de la rattraper, seulement en levant son bras. Mais il était trop tard...

Elle était déjà partie. Elle avait déjà quitté l'enceinte de la bibliothèque. Il fixa un moment l'absence de sa présence. En soupirant à nouveau. La douleur à sa joue s'atténua lentement, mais pas celle à son coeur. Sa réaction quand elle l'a tapé était encore présente. Un besoin de frapper lui aussi dans quelque chose, pour se contenir. Ses jointures étaient encore en mauvaises état, mais c'était une chaleur dans le bout de ses doigts qu'il devait faire évacuer. Il sortit peut-être une demi heure plus tard, une demi heure à regarder le vide, à essayer de ne pas penser, à serrer tellement fort les poings que ses blessures s'ouvrirent laissant le sang perlé jusqu'au sol. Oui, il sortit, dans le jardin, prenant sa forme animal, allant courir à nouveau dans la forêt qui entourait le manoir. Au creux de la nuit, encore une fois, elle pourra entendre, au loin, le Loup hurler. Un hurlement à fendre l'âme. Plaintif... Rempli de tristesse...

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